Mercredi, 17 Novembre 2010 11:24 Olive M

Le Cap, Afrique du Sud, 21 decembre 2009, Olive M, 20 ans de vol...


Circonstances:
A la fin de mon séjour dans la province du Cap, j'ai voulu faire un dernier petit vol pour le "fun", en bord de mer au Cap, quelques heures avant de reprendre l'avion. Vol à piori anodin, sans enjeu ni challenge particulier sinon celui de faire des photos. Et je n'ai pas été assez vigilant : je me suis fait piéger par le venturi situé à gauche du relief du Lion's Head. Une fois scotché là-dedans, j'ai choisi de partir vent de cul en contournant le relief. En me disant que si je posait à la verticale au plus proche, je risquais de me mettre aux arbres et de louper mon avion. Donc direction la ville, en me disant que je trouverai bien quelque chose pour poser. Le lieu de cet accident : le Lion's Head, au CapMais je n'ai rien trouvé : pas de terrain de foot, pas de terrain de rugby, pas de square. Le vent s'accélérait et je ne l'ai pas bien évalué. J'ai fini par tenter un terrain de basket. Mais mon approche était mauvaise, c'était trop petit et c’était trop technique avec ce vent arrière que j’ai mal intégré Je me suis remis face beaucoup trop tard. Je n'avais aucune chance, j'étais déporté sur un immeuble. La dernière vision que j'ai est celle de ce mur d'immeuble qui arrive plein pot, alors que je suis encore en virage. J'ai de la chance de tomber sur des secours et sur une clinique de qualité. Pour les secours voir ça ===> http://minilien.fr/a0la05 ou voir ça ===> http://www.aviationcentral.co.za/?p=611

Je me suis craché dans ce bâtiment à une vitesse sur axe qui doit se situer entre 50 et 55 km-h. Je ne me souviens de rien, si ce n'est une petite minute de réveil, une fois sur le toit de la maison suivante sur lequel la voile m'a fracassé. Une minute de réveil, puis coma, trop basse tension.

 


Bilan
: Bilan : le bassin est en 3 morceaux. La tête du col du fémur droit bien fracturée. Six vertèbres thoraciques fracturées dont 2 salement nécessitant une intervention. Plus accessoirement plusieurs côtes, un poignet fracturé, un œdème pulmonaire et des difficultés respiratoires. J'ai été opéré sur place du bassin et du fémur. Puis j'ai choisi le rapatriement sur la France où j'ai été opéré de la colonne vertébrale (orthosynthèse) au CHU Beaujon, accessoirement du poignet. Puis des moins de rééduc aux Invalides (INI). Pour un échantillon des dégâts, voire ce lien : http://photos.parawing.net/gallery/album1034

 

On peut toujours se dire qu'on a évité le pire : les lésions rachidiennes, voire les 4 planches. Mais ça n'est qu'un maigre consolation. J'en ai pris pour des mois de galère, voire plus. : 3 mois alité. Déjà 4 interventions chirurgicales. Puis deux mois de fauteuil roulant. Puis des mois pour remarcher de travers. Il faudra que je sois opéré à nouveau pour une prothèse de hanche si je veux remarcher normalement, recourir voire un jour revoler. Encore 10 mois plus tard je n'y crois pas. Tout ça pour une petite erreur d'inattention, puis la faute à "pas de bol".  Le matin même, je prévoyais d'aller visiter un marché de Kayelitscha, situé dans les towships du Cap. Mais on m'a déconseillé d'y aller seul en tant que blanc (craignos). Du coup je me suis trouvé désoeuvré en attendant mon avion, et j'ai décidé d'aller faire ce petit vol de "touriste". Et du coup c'est ma vie qui a basculé, d'une certaine façon. Comme quoi ça tient à peu de chose, parfois....

Conclusion: le vol pardonne souvent, en cas d'erreur. Mais ça ne marche pas à chaque fois. Là je suis passé instantanément à la caisse. Cet accident du dernier jour s'est produit après une semaine de compétition passée à Porterville, où tout s'était bien passé, même dans des conditions aérologiques parfois un peu "viriles". Là, clairement il y a eu baisse de vigilance. Les voyants rouges se sont allumés beaucoup trop tard, alors que j'étais tranquillement obnubilé par les photos que j'avais en tête. Alors qu'il était largement possible d'anticiper et de sentir "le vent venir" (sans mauvais jeu de mot). Il y a exactement 12 ans, je faisais le même type d'erreur au sommet du Mont Ventoux, en plein hiver, et j'étais héliporté. Ce carton était largement évitable, en faisant preuve d'un minimum d'imagination. Il n'y a pas de vol "anodin". Je n’ai plus qu’à m’en mordre les doigts, j'en prends pour des lustres, sans même savoir si je pourrai revoler. S'ajoutent â ça les séquelles « dans la tête », car j'ai eu le temps de voir venir le crash. Même si quelque part j'ai échappé au pire, ça laissera des traces. Même si d'aventure je pouvais me remettre en l'air.

 

Mise à jour le Dimanche, 21 Novembre 2010 23:32
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